Je n'aime pas les gens qui parlent trop, trop fort, qui crient, qui hurlent. Ceux qui mettent la musique sur leurs téléphones dans le car, ils me dérangent également. Je n'aime pas non plus, les extravagants, qui se croient tout permis, les pré-pubères de moins de 13ans, les cons de plus de 50ans, les wesh wesh canne à pêche Vas y que j't'embrouille fils de pute!, les filles qui se prennent pour ce qu'elles ne sont pas, celles qui chauffent les mecs sans raison, les famous du lycée, le conseiller principal d'éducation, les profs de sport. D'ailleurs, je n'aime ni le basket, ni le badminton, ni le ping-pong, et encore moins le foot et le rugby! Je préfère rester assise, en marge. Réviser me sort par les yeux, mais, il le faut bien. Par dessus tout, je déteste l'espagnol, les textes en espagnol, écrire en espagnol, parler en espagnol, la salle d'espagnol, la prof d'espagnol et les lumières-non-allumées de la salle d'espagnol. Comment font-elles? Pourquoi? Comment, comment, comment?! Rester en marge, ça doit être ça, mon truc à moi. Je ne suis pas dominante, mais dominée. Je ne suis pas le contenant, mais le contenu. Je ne suis pas le verre mais l'eau, que l'on boit sans s'en rendre compte, puis qu'on oublie, qu'on remplace par une autre. Le verre reste. Je pars où là? Je n'sais pas. Ca m'fait chier. Cette situation me fait chier, mais fais-je quelque chose qui pourrait l'améliorer? Non, pas à ma connaissance. A vrai dire, j'ai une flemme monstre. Je déteste réfléchir, prendre des décisions, ou me dire que je n'ai plus beaucoup de temps. C'est pas mon truc, à moi. On me voit, mais me regarde t-on? On me voit, et on passe son chemin. Ou alors on me parle quelques instants, et puis voilà, fin de l'histoire, point. J'essaie d'être honnête, je le suis peut-être trop? Je ne joue pas avec les gens, je ne mens pas. J'aime, j'aime pas. Peut-être que c'est pas ça la bonne solution. Peut-être que je m'ouvre pas assez? Peut-être n'ai-je pas assez d'humour? Peut-être ne suis-je pas assez belle? Respectueuse? Sympathique? De bonne humeur? Je n'sais que me mettre dans des situations de merde. Je fonce dedans, me lance, cours, vole, et atterie, en plein dedans. Je nage dans la merde, ça giclerait presque. Tout ça est de ma faute Ne pas se plaindre, ne pas se plaindre. Mais je crois que j'aime ça, ça change de la routine et ça distrait, d'être dans la merde. Un peu mon n'veux. Mais je me retrouve sans rien, sans personne. Et ce que j'écris là, franchement? Une fille qui écrit des trucs pareils doit en avoir gros sur la patate, se sentir misérable et insignifiante aux yeux du Monde, et bin ouais.
Et le pire, c'est que les filles de 13 ans qui prennent mon car ont le triple de ma poitrine. Et ça, ça en fout un coup sur le moral, c'est moi qui vous l'dis.